Manière de mener une réunion du comité d’entreprise

Publié le par LA LUMIERE

Méthodes à adopter et erreurs à éviter. 

Avant tout il y a des erreurs à éviter absolument.

Le PV (procès verbal) de la réunion du comité est la seule trace qu’il reste de celle-ci. 
Il doit être relu et approuvé à la séance suivante. Il demeure la preuve de ce qui a été dit ou avancé en réunion. 
Une réunion du comité où celui-ci ne vote pas est une réunion perdue, du temps gâché…
Les directions savent très bien faire voter le comité lorsque cela leur est nécessaire (obligations légales) par contre les délégations syndicales oublient facilement la procédure dans le feu des débats et c’est une erreur. 
Ce qui est voté par le comité est présent sur le PV sinon ce même comité refuse d’approuver le PV. 
Ce dont il est débattu doit figurer obligatoirement à l’ordre du jour. 
Si l’on vous refuse la présence d’un sujet précis à l’ordre du jour c’est qu’il est peut-être gênant, vous pouvez refuser de participer à une réunion dont l’ordre du jour n’a pas été négocié à l’avance. 
La négociation a lieu entre le secrétaire du comité et le DRH mais n’importe lequel des délégués peut demander par écrit l’inscription d’un sujet à l’ordre du jour.  

Les délégués doivent apporter des faits, du concret, du solide, un constat si possible déjà effectué. 
En séance ils demandent la position de l’entreprise et de la direction sur le problème évoqué. 
Même si aucune réponse n’est fournie le comité doit constater par un vote la non-réponse ou le degré de satisfaction du Comité sur cette réponse. (Toujours en vertu du principe que ce qui est voté est sur le PV). 
Des faits ou des réponses parfois anodines peuvent se révéler être de graves dangers pour une direction quelques mois plus tard… Tout doit être fait pour qu’une direction dévoile ses positions, ensuite il faut constater celles-ci par un vote et demander ce qui a été fait pour justifier ces mêmes positions plus tard car il y a souvent un trop grand décalage entre ce qui est exprimé et ce qui est réalisé. 
Si la menace du constat par un vote n’existe pas tout ne peut être que paroles en l’air et manipulations. 
Lorsque la direction cherche à gagner du temps faire constater par un vote du comité cette manière de faire. (Très dissuasif).

Pour être efficace il faut comprendre que la force du CE est dans le vote. 
Le constat par un vote du comité que rien n’a été fait pour changer une situation qui dure depuis longtemps est intenable pour une direction, vis à vis des salariés et sur le plan légal. 
Le vote en séance contraint la direction à avancer dans le bon sens car il exprime la volonté de la majorité du personnel de l’entreprise. 
Dés qu’il se lève un doute ou que les délégués sentent un danger il faut procéder à un vote du comité. 
Il est même des situations ou des avertissements du comité peuvent être votés pour parer à des risques majeurs. 
Poser des questions claires, précises et si possible courtes. 
Ne pas surenchérir sur une question en train d’être posée. (A mauvaise question : mauvaise réponse.) Si la réponse n’est pas satisfaisante le dire clairement et demander qu’une réponse précise soit effectuée. 
(Au besoin faire constater l’absence de réponse par un vote).
Attention aux changements de sujets ! 
Les DRH ont souvent beaucoup d’imagination et une fâcheuse tendance à la langue de bois...

Si une réponse précise et satisfaisante n’est pas apportée ne laissez pas la partie averse détourner l’attention d’un point gênent ou dangereux. 
Si une réponse est trop longue, peu claire ou si l’on a essayé de détourner l’attention du Comité vers un autre point (mieux préparé) il faut le faire remarquer, tenter une reformulation mettant en avant les désirs du comité et des salariés pour les faire adopter faute d’une réponse claire et précise. 
Ne jamais lâcher sur un point qui reste obscur mais toujours demander des précisions sur l’obscurité (Pourquoi ? Comment ?)
Les directions ont souvent tendance à vouloir ridiculiser les salariés membres des comités en utilisant des jargons techniques, des abréviations, des termes anglo-américain pour justement éviter de donner des précisions.. 
Une attitude intelligente consiste justement à faire l’idiot et à demander des explications sans avoir peur du ridicule pour éviter que l’on vous manipule. 
Si quelqu’un tente de vous ridiculiser ou de se moquer de vous faites remarquer qu’il est en train de se moquer de tous les salariés au travers de votre personne en tant qu’élu. (Cela peut le calmer sérieusement.) 
Plus une question est compliquée et imprécise plus sa réponse à des chances de l’être. 
Agir en adulte responsable. Il convient de ne pas se répandre en déclarations, attaques, plaintes lyriques ou hystérique sur le contenu affectif d’une situation qui peut parfois être grave sous peine d’oublier la procédure (le vote) et de se retrouver complice d’une possible débâcle sociale ou économique. 
Les comités ont souvent tendance à réagir viscéralement à certaines situations mais une étude approfondie des situations montre que des questions claires auraient pu résoudre celles-ci si les réponses ou l’absence de celles-ci avaient été constatées par un vote du comité. 
Après coup on constate que si telle question avait été posée à ce moment là où si un vote du comité sur un sujet précis avait eu lieu, on serait en droit de déposer une plainte et pourtant personne n’y a pensé sur le moment par manque de sang froid. 
Un point important : en réunion du comité pas de discussion ni de disputes entre salariés. 
Tout le monde s’adresse aux représentants de la direction et bien sur aucun salarié ne prend la défense de celle-ci (même les cadres) mais la laisse s’expliquer. 
Quelqu’un qui défend les positions de la direction (même si elles sont fondées) pense inconsciemment que ses représentants n’en sont pas capables et qu’il est leur égal voire même que ses qualités sont supérieures. 
Moralité c’est au comité de direction qu’il doit se faire une place et non au comité d’entreprise et il convient de le lui faire remarquer en réunion préparatoire. (En tout cas pas en public ni en réunion du comité). 
Certaines prises de position de délégués en réunion du comité sont inadmissibles et il convient parfois de relever celles-ci par un vote de l’ensemble du comité ou de menacer le ou les délégués en question d’une telle démarche… 

La tâche des délégués est avant tout de faire en sorte que les positions des directions deviennent publiques et d’exiger la transparence. 

Ceci ne s’obtient que par la contrainte et la menace. 

Il ne s’agit pas de disserter sur de meilleures méthodes de management ou sur ce qui pourrait être un idéal pour les salariés, sous peine de parler dans le vide… 
Un délégué n’est pas un manager de rechange mais son rôle lui impose de faire des demandes (salaires, conditions de travail, sécurité) et de faire constater clairement par des votes du comité les accords ou les refus. 
La préparation des réunions : Si en général les réunions se préparent en délégation syndicale, il n’est pas exclu qu’une réunion préparatoire inter-syndicale puisse avoir lieu. 
Même si les délégations sont rarement d’accord entre elles il ne faut pas oublier qu’elles sont le reflet de l’ensemble des salariés d’une entreprise et qu’à ce titre il convient d’examiner l’avis de la totalité des délégations. 
De plus il convient dans chaque situation de considérer l’aspect des problèmes sous divers angles, ceci facilite la prise de recul. En pratique on constate que l’échange entre délégation conduit à un enrichissement commun. 
Au mieux ces échanges peuvent devenir des accords sur la répartition des rôles en séance du comité car il n’est pas rare qu’une délégation soit plus « pointue » sur un type bien particulier de problèmes. 
La représentation : Sur chaque liste il convient que tous les secteurs d’une entreprise soit représenté, les délégués représentent ainsi chaque type de salarié d’une entreprise. 
Par exemple si une entreprise comprend 90 % d’administratifs et 10 % de commerciaux un comité d’entreprise constitué à 100% d’administratifs ne serra pas informé de situations et de faits importants pour l’entreprise. 
Il est même possible que certaines informations ne parviennent
jamais à sa connaissance.  

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Publié dans Banque et Finance

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