La croissance et le pouvoir d'achat

Publié le par LA LUMIERE

 Il est important d'en donner la définition et de bien connaître ce qu'est exactement la croissance économique, puisque c'est d'elle que dépendent le niveau de vie de tout un chacun et le plein emploi, c'est-à-dire en somme le bien-être de la population d'un pays.

 

La croissance n'est rien d'autre qu'une différence mathématique existant entre les productions de deux périodes qui se suivent: d'un mois, d'un trimestre ou d'une année à l'autre, ayant pour unité de compte: la monnaie. Comme les comptes nationaux sont arrêtés chaque année, la croissance est mesurée en définitive par rapport à l'année précédente. Il s'agit donc de la différence entre les mesures de deux périodes successives.

 

Bien qu'elle désigne en principe un accroissement de la production, l'usage veut qu'en cas de ralentissement ou de recul de celle-ci on emploie le même terme. On parle alors de croissance négative.

 

La production d'une période est égale à la somme des quantités produites aux prix du marché ou prix de transaction. Il s'agit, pour simplifier, des échanges de biens et de services pratiqués au sein de la sphère réelle, des entreprises d'un côté vers les ménages et l'étranger de l'autre. Si l'on calcule les quantités produites au cours de cette période aux prix de la période précédente, on obtient une production à prix constants qui devient comparable à celle de la période antérieure permettant ainsi par différence de connaître la croissance positive ou négative réalisée.

 

S'il n'existait qu'un seul produit, on aurait par exemple:

 

1ère période :           1000 produits à 25 € donnent                 25.000 €

2ème période :          1050 produits à 26 € donnent                 27.300 €

 

aussi, en calculant la production de la 2ème période au prix de la première, on aurait en euros constants :

 

2ème période :          1050 produits à 25 € donnent                 26.250 €

 

soit une croissance égale à 5% (26.250 rapportés à 25.000),

 

et un taux d'inflation de 4% (27.300 rapportés à 26.250).

 

Si le calcul peut être effectué ici à partir des quantités et des prix, c'est parce qu'il n'y a qu'un seul produit. Mais, la multiplication des quantités et des prix n'altère en rien ce mode de calcul qui est fondamental. Dans la pratique, l'absence d'informations relatives aux quantités d'un très grand nombre de produits oblige les instituts de statistiques à rechercher d'abord le taux d'inflation par échantillons-types, ce qui leur permet de "déflater" les prix de la période afin d'obtenir ensuite par différence le taux de croissance.

 

On peut noter au passage qu'en procédant de la sorte, plus faible est le taux d'inflation, plus fort est le taux de croissance, ce qui réunit les conditions les plus favorables recherchées par n'importe quel gouvernement.

 

En supposant que l'on ne connaisse pas les quantités produites dans l'exemple ci-dessus, mais sachant que l'inflation est de 4% (le prix des produits étant passé de 25 à 26 F), la production au prix "déflaté" est donc de 26.250 F (27.300/1,04) ce qui donne bien le taux de croissance de 5%.

 

La croissance est donc la différence existant entre la somme d'une série de quantités recensées au cours d'une période et la somme d'une autre série de quantités recensées au cours de la période précédente, les quantités de l'une et l'autre période étant calculées à des prix communs ou constants. Il est clair que la croissance correspond en définitive globalement à une variation monétaire corrigée de l'inflation.

 

C'est ce que démontre la loi macroéconomique dont les mécanismes sont décrits par ailleurs.

 

On peut dire qu'en règle générale la monnaie nourrit à la fois la croissance et l'inflation des prix; la croissance parce que celle-ci ne peut s'en passer, et l'inflation des prix parce qu'il existe des agents qui ont compris depuis longtemps qu'il fallait augmenter les prix pour se l'accaparer.

 

Il semble bien que les leçons du passé ne servent à rien, puisque la croissance s'est toujours accompagnée d'une inflation plus ou moins élevée. Ceux qui prétendent qu'en la laissant filer un peu, on peut faire repartir l'économie, ne s'y sont pas trompés. A ce propos, on se reportera utilement au chapitre "Croissance et inflation".

 

On verra que le retour de la croissance s'explique toujours par le retour de l'abondance monétaire au sein de la sphère réelle.

 

Avant de terminer ce chapitre, reprenons ce qui est dit quelques lignes plus haut :

 

"Si l'on calcule les quantités produites au cours d’une période aux prix de la période précédente, on obtient une production à prix constants qui devient comparable à "celle de la période antérieure permettant ainsi par différence de connaître la croissance "positive ou négative réalisée".

 

 

Il est très important de noter alors que si l’on a par différence des deux activités, en produit national (ou PIB) la croissance et l'inflation, on a également en revenu national un écart de pouvoir d'achat et l'inflation, puisque le produit national est égal au revenu national.

 

Ce qui veut dire qu’en définitive la croissance est aussi égale à un écart de pouvoir d'achat. Il s’agit là d’une égalité méconnue, sinon dissimulée, d’une portée considérable sur l’opinion publique puisqu’il s’agit de l’amélioration ou de la détérioration du niveau de vie de tout un chacun.

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Publié dans Economie

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