La sphère réelle et ses grandeurs économiques

Publié le par LA LUMIERE

 

La sphère réelle est donc exclusivement occupée par l'activité nationale de production. Celle-ci est faite de la somme des activités de production de toutes les entreprises du pays. Cependant, on ne peut se borner à totaliser purement et simplement les chiffres d'affaires de toutes les entreprises sans courir le risque de faire des doubles emplois. Ainsi par exemple, on ne peut additionner le chiffre d'affaires des boulangers avec celui des minotiers, puisqu'une part de celui-ci est déjà compris dans celui-là. On ne peut donc accumuler les ventes réalisées successivement depuis l'exploitation de la matière première jusqu'à la distribution du produit fini, chaque entreprise apportant sa part de valeur ajoutée au produit qu'elle a elle-même traité. Dans la chaîne de production, les achats des unes étant les ventes des autres, ces échanges, que l'on appelle consommation intermédiaire, sont purement et simplement éliminés par compensation et le risque de double emploi disparaît.

 

Avant de poursuivre, il faut donner à l'Etat la place qui doit être la sienne dans les comptes de la Nation, puisque c'est par les comptes que l'on mesure l'économie.

 

La séparation des fonctions de production et de consommation, au sens large, est un principe fondamental qu’il convient d’observer, si l’on veut bien appréhender les phénomènes économiques.

 

Aussi les producteurs ou entreprises et les consommateurs ou ménages doivent-ils être opposés dans tous les compartiments de la vie économique et tout spécialement dans leurs comptes, comme ils le sont par leurs intérêts.

 

Cette séparation ne souffrant pas d'exception, l'Etat ne peut conserver la place indépendante qui lui a jusqu'ici toujours été attribuée (en marge des producteurs et des consommateurs) même s'il joue un rôle majeur dans l'activité du pays. Il se comporte comme une entreprise, il emploie des salariés et il produit des biens et des services même si c'est à un prix imposé. Il doit donc être classé au rang des producteurs, c'est-à-dire au rang des entreprises. L'entorse faite à ce principe a pour conséquence de fausser la mesure du produit national.

 

Comme toute entreprise, l'Etat apporte une valeur ajoutée à la production nationale et sa consommation ne peut être qu'intermédiaire et non finale comme c'est le cas présentement.

 

L'activité nationale de production ainsi définie, comme étant la somme des valeurs ajoutées de toutes les entreprises du pays (l'Etat y compris) constitue le Produit National, le seul qui soit en réalité.

 

Il est composé de trois ensembles déterminés en fonction de la destination effective donnée à la production, et afin d'éviter toute confusion, en fonction du groupe d'agents qui en est le destinataire :

 

- la consommation des ménages, dite consommation finale; étant bien entendu qu'il n'existe pas de consommation finale de l'Etat ou des administrations,

 

- l'investissement des entreprises, l'Etat y compris, c'est-à-dire l'outil de production, auquel il est courant d'ajouter les stocks de produits en cours ou en attente de vente dans les entreprises,

 

- le solde de la balance des échanges extérieurs, soit l'exportation sous déduction de l'importation.

 

Il est d’usage courant de porter l’importation en diminution de l’exportation, mais en réalité elle vient en diminution des trois autres grandeurs, puisque les produits importés peuvent être : soit transformés, soit revendus en l’état comme biens de consommation, d’investissement ou encore de biens exportés.

 

On est alors en présence de la première égalité macro-économique qui définit toute activité nationale :

 

Consommation + Investissement + Exportation – Importation = Produit National

 

Comme il n'existe pas de produit national qui ne revienne soit aux ménages, soit aux entreprises, le Revenu National qui en découle, étant égal au produit national, comprend donc :

 

- le Revenu des Ménages, et

- le Revenu des Entreprises,

 

ce qui nous donne une deuxième égalité macro-économique tout aussi importante que la première puisqu'elle nous indique comment est réparti le produit national :

 

Revenu des Ménages + Revenu des Entreprises = Revenu National = Produit National

 

Telle qu'elle est définie ici, cette dernière égalité n'est pas reconnue. Par suite de l'erreur de mesure mentionnée au-dessus, il n'existe pas d'égalité directe entre le PIB, le revenu national et les revenus (ménages et entreprises) sauf à recourir à des ajustements comptables qui lui retirent toute sa signification.

 

Voici un exemple de la représentation graphique des deux grandeurs macroéconomiques que sont le produit national et le revenu national et de leurs composants : 


                             

 

 

dans lequel la balance des échanges extérieurs est ici donnée positive.

 

Les termes de « consommation » et d’ « investissements » utilisés dans ce graphique, comme composants du produit national, représentent la production de biens de consommation, d’une part, et la production de biens d’investissement, d’autre part.

 

Etant donné que l'on traite de l'activité nationale, il ne peut être bien sûr question d'autre revenu que national. Cependant, on observera ici qu'une balance excédentaire des échanges avec l'extérieur augmente le revenu national, tandis qu'une balance déficitaire le diminue. C'est là un facteur déterminant de la vie économique dont on ne semble pas mesurer toute la portée.

 

Le produit national et ses composants d'une part, le revenu national et ses composants d'autre part, sont les grandeurs économiques de la sphère réelle. Du fait de l'importance que représentent ces grandeurs économiques dans la vie nationale, il paraît utile de les passer en revue une à une.

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Publié dans Economie

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